Un peu d’histoire

L’existence de Gevrey remonte au VIIe siècle, lorsque s’y installe une population chrétienne et que celle-ci accède aux vignes appartenant à  Amalgaire, le fondateur de l’abbaye de Bèze. Les moines défrichèrent et travaillèrent alors ces nouveaux cépages. De leur propriété est né le Clos de Bèze. Le château de Gevrey situé dans la vieille ville est construit en 1257 par les moines clunisiens.

Dans les années 1500, le roi Louis XII accorde aux habitants de Gevrey l’institution d’un marché hebdomadaire fixé au mardi. D’un commun accord, les gibriaçois érigent un bâtiment destiné à accueillir les futurs étales : la Halle Chambertin naît. Mais au cours du XVIe siècle, l’occupation de l’armée dans la région appauvrit les villages, dont Gevrey. Les habitants doivent fournir nourriture, renforts et mains d’œuvre aux soldats pour l’édification des fortifications de Dijon. Au delà de l’année 1550, la peste puis les guerres de religions apportent leur cortège de malheurs. Gevrey est à plusieurs reprises pillée, saccagée et brûlée.

En février 1790, les habitants de Gevrey vont procéder, pour la première fois, à l’élection de leur maire et de ses échevins. Simon Fistet fut ainsi le premier maire élu de Gevrey. Depuis, Gevrey-Chambertin a bien grandi et le village construit près de l’église et du château, s’est peu à peu étendu vers la plaine.

L’origine du nom « Gevrey-Chambertin »

Cette appellation que nous connaissons tous ne s’applique que depuis le milieu du XIXème siècle. En 640, Gevrey est nommé Gibriacum, et dans des actes postérieurs Gevreïum in montana, Gevrey en montagne dans sa forme francisée. Quant au mot “Chambertin”, il viendrait de la propriété rurale d’un paysan nommé Berthin qui cultivait de la vigne à proximité du Clos de Bèze. Les champs de Berthin donna naissance à l’appellation Champt Berthin pour les vins, puis Chambertin.

Plus tard, vers 1728, Chambertin devînt également le patronyme de Claude Jobert de Chambertin. Claude Jobert est l’une des plus célèbres figures de l’histoire viticole bourguignonne. Audacieux et ambitieux, c’est sans un sou en poche qu’il arriva en 1720 à Gevrey-Chambertin, en tant que fermier. Après quelques aventures de bonnes fortunes et divers procès, il se constitua un grand domaine à Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny et Morey Saint-Denis. En négociant avisé, il parti vendre son vin dans les principautés allemandes. Ses affaires devenant prospères, il s’intitula “marchand de vin de la cour Palatine” et prit le nom de Claude Jobert de Chambertin, du nom de son vin préféré. Il décéda en 1768, et son nom reste associé à ce cru qui lui doit sa célébrité.

La ville s’empara ensuite de l’expression vers 1847, abandonnant le nom de Gevrey en montagne, et devenant la ville de Gevrey-Chambertin.

Claude Jobert de Chambertin

Le Château de Gevrey-Chambertin

C’est vers 1015 que le seigneur Geoffroy Ier de Semur et son épouse, Mahaut, font don à l’abbaye de Cluny des biens qu’ils possèdent sur les terres de Gevrey.

Cette donation est complétée, en 1019, par celle d’Hugues, évêque d’Auxerre, qui, lui, remet à Cluny l’autre moitié du domaine qu’il possédait. L’abbaye reconstitue ainsi son domaine, qui a la particularité de n’avoir ni prieuré, ni église. Il est néanmoins pillé par les hommes du duc Hugues IV, vers 1250, à titre de représailles contre les moines…

En 1257, l’abbé de Cluny s’appelle Yves de Chazan, c’est un Vergy de la branche Beaumont. Il entreprend la fortification de la grosse maison au centre du domaine, qui se poursuivra jusqu’en 1275. A cette époque, l’abbé de Cluny, qui gère directement ce domaine, devient entièrement seigneur de Gevrey en acquérant du duc Robert II la moitié de la seigneurie qui lui manquait encore. Cette maison forte, devenue ainsi château fort, se fait piller à plusieurs reprises, entre le XIVe et le XVIIIe siècle. Son bien est en effet très précieux : il s’agit du vin produit par le domaine, qui est la proie de bien des convoitises.

Le site de Gevrey présente ainsi la particularité de ne pas abriter de patrimoine monastique, mais des bâtiments qui étaient administrés, au même titre que les édifices religieux, par les moines de Cluny.

Le réseau des sites clunisiens est un grand itinéraire culturel du Conseil de l’Europe, dont fait partie Gevrey-Chambertin depuis 2005.

La blason de la ville

Les armoiries

Le blason de la ville de Gevrey-Chambertin est composé de trois parties dont une dominante. La partie dominante sur la gauche représentant deux clés d’argent passées en sautoir et une épée garnie d’or sur fond rouge symbolise l’abbaye de Cluny. Sur la droite, le cadre composé d’argent et de rouge piégeant l’azur parsemé de lys d’or représente Bourgogne-Valois. Quant à la partie au bas à droite du blason, rayée d’or et d’azur cerné de bordures rouges, elle symbolise l’ancienne Bourgogne.

Ces armoiries ont été créées en 1905 par Jules Gauthier, archiviste du département de la Côte d’Or.